3 questions à Florian Dordain sur la robotique dans l’industrie

par | Avr 1, 2021 | Entretien expert, induspartners, Innovations | 0 commentaires

Muni d’un master en vision et robotique de l’université de Picardie, Florian Dordain dirige l’entreprise Tesseract Solutions. Il répond à nos trois questions sur la robotique dans l’industrie.

Pouvez-vous nous présenter votre activité ?

 

Tesseract Solutions a pour ambition de démocratiser l’usage de la robotique industrielle. Pour cela nous avons développé un logiciel, KMeleon qui permet de programmer plusieurs marques de bras robots et leur environnement, sans aucune ligne de code.

La programmation est visuelle, il suffit de glisser-déposer des blocs fonction dans l’interface de programmation, puis de les relier entre eux pour créer une séquence compréhensible par le bras.

L’idée m’est venue lors d’une expérience professionnelle précédente. J’étais en charge de suivre l’installation de cellules robotisées pour le compte d’une plateforme logistique. Lors de cette expérience, je me suis rendu compte que la gestion d’un parc machine hétérogène était très complexe. J’ai alors développé une interface permettant de programmer plusieurs marques et type de capteurs. Cette interface fut l’ancêtre de KMeleon. Le logiciel s’est maintenant étendu aux robots, outils, capteur et PLC.

 

 Interface de programmation visuel du logiciel KMeleon de Tesseract Solutions

 

Comment décririez-vous l’adoption des solutions robotisées dans l’industrie aujourd’hui, en Europe ?

 

Il y a pour moi deux vitesses à la croissance de la robotique en Europe. Certains pays comme la république tchèque , l’Allemagne ou encore l’Autriche connaissent un déploiement robotique important. À contrario la France, l’Italie et l’Espagne connaissent un déploiement plus faible. La France est le mauvais élève avec une délocalisation massive de l’industrie, de faibles capacités de production et donc peu d’équipement en solutions robotisées.
Les intégrateurs français font tous au moins 50% de leur chiffre d’affaires à l’export.

Parc installé de robots industriels, source : rapport World Robotics 2020 Industrial Robots présenté par la Fédération internationale de robotique

 

 

Quels sont selon vous les principaux freins rencontrés par les industriels pour exploiter ces technologies ?

 

Les principaux freins sont la complexité de ces technologies, mais aussi le manque de ressources humaines formées aux domaines de la robotique.
En règle générale, l’industrie est boudée par les jeunes, nous faisons donc face à une pénurie de profil.
Le prix est également un frein important, avec des fournisseurs essentiellement étrangers. Les marges se cumulant, le prix d’accession est trop souvent prohibitif.

Bras robotisé piloté par le logiciel KMeleon

Quelles sont les perspectives pour les 10 années à venir ?

La pandémie nous a montré que la France doit relocaliser de nombreux pans de son industrie. L’automatisation peut aider les industries à être compétitives.
L’enjeu des 10 prochaines années est de rapatrier nos productions automobile, textile, aéronautique et électronique.
La densité industrielle de la France pouvant atteindre un niveau comparable à celle observée en Allemagne, on peut imaginer un doublement du marché français de la robotique.

 

Le blog de Tesseract Solutions

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